Notre patron: Saint Jacques le Mutilé


Saint Jacques le Mutilé est le patron de notre Monastère – et cela depuis le VIème siècle. Il a été martyrisé, coupé en morceaux pour sa foi. Quand Mère Agnès Mariam de la Croix découvrit pour la première fois, en 1994, ce monastère tombé en ruine depuis 60 ans, elle ignorait le parcours du saint patron du monastère. Après deux ans un prêtre lui découvrit son histoire. Elle fut profondément touchée comprenant que ce saint est un éminent intercesseur pour l’unité des chrétiens, ce qui coïncidait parfaitement avec sa mission : l’Unité d’Antioche. Cette coïncidence la confirma dans sa détermination de rebâtir ce lieu antique (cf. Is. 61,4). 

 

Au fait, qui est ce Saint Jacques, différent des apôtres mais du même nom?

 

L’apostasie de Jacques

 

Saint Jacques le Persan, souvent connu en Occident sous le nom de Saint Jacques l’Intercis (mot latin pour "coupé en morceaux") en raison de l’horrible supplice qu’il a enduré avant sa décapitation, est originaire de l'ancienne terre de Perse à la haute civilisation. Son martyre est devenu très connu au sein de sa propre époque, parce qu'il a introduit sur la scène internationale l'affliction des chrétiens persans qui ont été systématiquement éliminés jusqu'à  l'exil et finalement jusqu’à l’extinction. Ainsi, par sa mort publique, son martyre est devenu un catalyseur et la principale raison de la guerre entre Byzance et la Perse, de manière à forcer les autorités impériales perses et leurs partisans ‘Mages’ à mettre fin au génocide impitoyable des chrétiens persans, apportant ainsi la paix, la stabilité et la liberté pour eux.

 

Saint Jacques naquit dans la ville royale de Beth-Lapeta, d'une famille illustre : à la noblesse de sa race, il joignit celle de la vertu et de la piété. A l'exemple de sa famille, il embrassa le christianisme et épousa une pieuse chrétienne. Attaché à la cour du roi de Perse Yezdegered, il s'y éleva aux premiers honneurs, et y jouit de la plus haute considération. Le roi, l'eut pour favori, et le combla de faveurs. Aussi Jacques, pour répondre aux bontés du roi, ne craignit-il pas d'abjurer la foi chrétienne. Sa mère et sa femme apprirent avec douleur son apostasie et lui envoyèrent au camp où il se trouvait alors, la lettre suivante :

 

 

 

«On nous annonce que la faveur d'un roi de la terre et l'amour des richesses périssables de ce siècle, t'ont fait abandonner le Dieu éternel. Nous te posons une seule question, daigne répondre : Où est-il maintenant ce roi, pour qui tu as fait un si grand sacrifice ? Il est mort, comme le dernier des hommes, et il est tombé en poussière : qu'en peux-tu attendre maintenant? Est-ce lui qui t'offrira un refuge contre l'éternel supplice? Si tu persévères dans l'apostasie, tu tomberas comme lui entre les mains du Dieu vengeur; et nous nous retirons de toi, comme tu t'es retiré de Dieu, nous ne voulons avoir rien de commun avec un apostat. C'est fini, nous n'existons plus pour toi. »

 

 

 

Conversion de Jacques

 

Ce message foudroya le courtisan. Il rentra sérieusement en lui-même et se dit:  « Voilà ma femme qui s'était donnée à moi par les serments les plus sacrés, voilà ma mère qui m'abandonnent: que fera Dieu, à qui j'avais aussi donné ma foi et que j'ai honteusement abandonné ? Au dernier jour comment soutiendrai-je la vue de ce juge suprême, de ce vengeur inexorable? Et même ici-bas, sa justice ne peut-elle pas m'atteindre et me frapper? » Plein de ces pensées, il rentra dans sa tente, il y trouva une Bible, et l’ouvrit. Pendant qu'il lit, peu à peu la lumière se fait dans son âme, la grâce divine touche son cœur; le voilà soudain changé en un autre homme. Son âme engourdie, comme rappelée du tombeau par une voix puissante, se réveille: le remords l'agite et le déchire.

 

 

Ces accents de remords et de repentir avaient été entendus des tentes voisines ; on avait vu Jacques s'arrêter en lisant la Bible, se parler à lui-même, comme un homme qu'une profonde  émotion agite. Ses ennemis, les courtisans se hâtèrent d'aller dire au roi que Jacques paraissait regretter amèrement d'avoir changé de religion. Le Roi le fit appeler sur-le-champ et lui dit :

  • Dis-moi, Jacques, es-tu redevenu nazaréen ?  
  • Oui, je suis un serviteur de mon Seigneur Jésus-Christ.
  • Hier, tu étais mage ! 
  • Non, je ne l’étais pas. 
  • Quoi ! N’étais-ce pas pour cette raison que mon père le Shah t’a comblé de faveurs ? 
  • Où est ce Shah maintenant dont tu me rappelles ces faveurs ? 

Cette réponse exaspéra le roi, mais il essaya encore de le récupérer par des flatteries et des promesses, sans résultat. Et comme il devenait manifeste que Jacques abandonnait la religion des Perses, il se mit à chercher dans son esprit par quel supplice il allait le lui faire expier. Tenant conseil avec les docteurs et les sages, il ordonna le châtiment exemplaire : couper Jacques en morceaux au niveau de toutes ses articulations, commençant par ses doigts. Il fut coupé en 29 morceaux.

 

Ce martyre fut consommé dans la seconde année du règne de Bahram V, fils de Yezdegerd (421 Ap JC).

 

 

Le martyre de Jacques

 

Quand Jacques se trouva sur le lieu du martyre, la louange remplissait sa bouche ; à chaque membre qui lui était coupé, une nouvelle prière sortait de ses lèvres. Au moment où, privé de tous ses membres il allait être décapité, il eut encore cette ultime prière :

 

 

« Mon Dieu, me voilà par terre, au milieu de mes membres semés de toutes parts : je n'ai plus mes doigts pour les joindre en suppliant ; je n'ai plus mes mains pour les élever vers vous ; je n'ai plus mes pieds, ni mes jambes, ni mes bras : je ressemble à une maison en ruines dont il ne reste plus que les murs. O Seigneur, que ta colère s'arrête contre moi, et qu'elle se détourne de ton peuple : donne à ce peuple persécuté, dispersé par les tyrans, la paix et le repos ; rassemble-le des extrémités du monde. Alors moi, le dernier de tes serviteurs, je te louerai, je te bénirai avec tous les martyrs et tous les confesseurs, ceux de l'Orient et de l'Occident, ceux du Nord et du Midi, toi, ton Fils et le Saint-Esprit, dans les siècles des siècles. Amen. »

 

 

Quand il eut dit  "Amen", on lui coupa la tête. Ainsi le saint martyr, après le plus affreux supplice qui fut jamais, rendit doucement son âme à Dieu.

 

Le jour de sa fête est le 27 novembre dans le calendrier byzantin.

 

Sources: 

 http://modeoflife.org/holy-great-martyr-saint-james-the-persian/

http://har22201.blogspot.com/2013/11/saint-jacques-lintercis.html

http://nominis.cef.fr/contenus/saint/200/Saint-Jacques-l-Intercis.html