Walid et sa famille


Depuis 15 Juin 2012, nous accueillons une grande famille de réfugiés sunnites qui vivait à Al-Qusayr (village frontalier du Liban qui a été libéré en 2013 mais qui est pratiquement détruite). Ils ont trois enfants et deux jeunes adultes avec eux. Ils nous aident à prendre soin des terrains, à l’accueil et à donner des aides humanitaires aux pauvres. Dans ce dialogue, nous allons laisser Walid, un avocat, parler au nom de sa famille. Lorsque l'armée est entrée dans le village Walid a courageusement décidé de rester avec la communauté. Il est resté avec nous avec beaucoup d'autres membres de sa famille.

 

Pourquoi avez-vous quitté Al Qusayr?

 

Nous avons quitté  Al-Qusayr à cause du danger. L’hôpital avait fermé ses portes et notre mère était très malade et avait besoin de soins quotidiens. Nous avons découvert après notre départ d’Al Qusayr que notre maison a été entièrement saccagée.

 

Quelle était la situation dans Al-Qusayr?

 

La situation devenait extrêmement dangereuse. Les gens ne travaillaient plus, les écoles étaient fermés, les routes fermées. [Tout cela à cause de la présence de groupes armés extrémistes qui avaient expulsé tous les chrétiens. Cela a provoqué une sorte de «règne de la terreur" jusqu'à ce que l'armée ait libéré le village en 2013.]

 

Comment êtes-vous venu au monastère?

  

Un de mes amis est de Qara. Nous lui avons demandé s’il ne connaissait pas une adresse à Qara où on pourrait fuir momentanément pour après retourner dans notre maison à Al Qusayr. Aamer, mon ami avocat a appelé Mère Agnès qui nous a ouvert les portes de l’appartement Saint-Michel dans le nouveau bâtiment du monastère. Nous avons immédiatement ressenti une sécurité et une paix dans le monastère.

A Quoi ressemble la vie au monastère?

 

J’ai beaucoup appris ici, des belles choses que je n'aurais pas appris à l'extérieur. C’est une période très importante de ma vie. Je ne connaissais qu’un peu du christianisme, comme la semaine de la Passion, par exemple, que les chrétiens célébraient à Al Qusayr.

 

 Le christianisme a pour mots-clés donner et amour. J’aime les Béatitudes: «Heureux les pauvres en esprit, leur appartient le royaume des cieux ... Heureux les artisans de paix car ils seront appelés fils de Dieu» (Mt 5). Ces mots sont entrés dans mon cœur. Et j’ai mieux compris la signification de l'amour vivant ici au monastère. Parfois, quand je suis triste, je vais prier dans l'Eglise. J'ai appris que la prière est une ; il n'y a aucune différence si je prie dans la mosquée ou à l'église. Depuis un an et demi, je passe beaucoup de temps à l'intérieur du monastère. Ma vie est ici.

  

C’est comme-si le monastère parle. Je vois le vieux bois et les vieilles pierres et je sens qu'elles me parlent. Ce n’est pas seulement le Père qui prêche à l’église, tout me parle. Quand je regarde une icône, j’entends son message. Avant je la voyais comme une image. Aujourd’hui je vois l'icône de St Jacques et comment il a donné sa vie pour Jésus. C’est incroyable, il y a une profondeur de sens.

Quelle est votre travail?

  

Voici une photo de moi au travail dans ce que nous appelons en arabe «l'équipe humanitaire de l'amour et de la paix de Mère Agnès", (l'équipe d'assistance humanitaire) du monastère.


C’est un beau travail et je suis vraiment heureux. Mais pour ce qui concerne les  aides humanitaires liée au monastère je ressens une jalousie, une fierté, plus que pour tout autre travail (Walid travaille également dans les aides humanitaires du Croissant Rouge).