Soeur Marie Majd 


Qui suis-je ?

 

Je viens du Chili, de la cité Puerto Mont, où j’ai vécu jusqu’à mes 18 ans avec ma famille ; j’étais aimée et trop soignée parce que je suis la dernière de mes frères et sœurs - la septième. Je suis née douze ans après la mort d’un de mes frères, ce qui m’a séparée un peu de l’ensemble de la fraternité. Ce fut comme mon premier désert ou Jésus voulait parler à mon cœur.

 

Comment ai-je appris à connaître le Seigneur ?

 

Jésus m’a appelée au moment précis où mon cœur s’ouvrait. J’avais 14 ans et à l’école Marie Auxiliatrice où j’étais, j’ai connu Jésus par l’intermédiaire de la Vierge Marie. L’ambiance de mon école a préparé cette rencontre avec Notre Jésus, puisque toute la journée on parlait de sainteté, des saints salésiens, de La Vierge, etc... Dieu a permi que je sois docile à toute la richesse spirituelle reçue à ce moment-là. Je me souviens encore le jour ou j’ai eu une expérience personnelle d’être rencontrée par Jésus, je me sentie aimée comme jamais et je compris que Lui me voulait seulement pour Lui. Je ne l’ai pas vu, ni  ai-je eu aucun signe extraordinaire mais au-dedans de moi tout a trouvé sa place : Lui le centre et le sens de ma vie. Dès ce moment je ne pus voir Jésus sinon comme un Epoux. J’ai commencé à vivre 4 ans de Paradis  avec Notre Sauveur Jésus, après lesquels je ne pus résister de vivre au Monastère pour me dédier à Lui sans frontières.  J’ai découvert progressivement qu’Il me donne une mission cachée d’amour, cœur à cœur avec Lui, qui penche vers l’unité des chrétiens, pour que le Visage de Jésus Ressuscité resplendisse parmi nous. Sans Jésus je me serais perdue très loin.

 

Dans mon pays j’ai vécu sept ans de vie cloîtrée au Carmel et 5 ans dans une vie érémitique dans la communauté de Bethléem. Mais Jésus me préparait une autre grâce : appartenir à l’ordre de l’unité d’Antioche en Syrie.

 

Comment ai-je appris à connaître le Monastère ?

 

J'ai connu une personne qui m’a parlé de Mère Agnès-Mariam de la Croix et du Monastère de Mar Yakub en Syrie. Cette personne était persuadée que je pouvais trouver dans cet endroit une réponse à ma quête spirituelle. Dieu a permis que je patiente deux ans avant que je me souvienne de cette conversation pour avoir l’élan de chercher partout cette Mère, et je l'ai trouvé sur une page de Facebook, qu’une laïque avait fait pour elle. Après tout a été très vite, je me suis trouvé parmi les membres de la Communauté à la quelle je ne suis pas digne d’appartenir.  Notre Mère Agnès a toujours été une vraie Mère pour moi, même depuis le commencement de notre relation quand elle ne me connaissait pas encore.

 

Comment je vis la guerre ici en Syrie ?

 

J’ai découvert maintenant que ma mission n’est pas personnelle sinon communautaire, où je me sens portée par le sang de tant de martyrs du Moyen-Orient qui n’ont pas eu peur d’être chrétiens. J’apprends à vivre ma foi dans la vérité de mon identité, et d’aimer Jésus en étant moi-même, et à partir de cette réalité d’aimer mon prochain. Je ne veux pas vivre sans transparence, dans un monde qui va et vient parmi tant d’hypocrisies.

 

Quand je suis arrivée en Syrie il y avait une tranquillité et une sécurité plus accentuées que dans d’autres pays plus grands et modernisés. Malheureusement ce n’est pas le cas aujourd’hui où le pays est à moitié détruit par une guerre sans sens. Dans cette étape de douleur ma vocation n’a pas changé, plutôt, elle s’est approfondie. Dans la vie quotidienne, avec ses sueurs, ses sacrifices, ses problèmes pratiques, ou avec le cœur brûlant d’amour pour ce peuple qui souffre et qui a besoin d’une paix immédiate, la prière se fait notre arme.  Le maranatha [= « Viens Seigneur Jésus » en araméen] est notre cri de guerre, où la confiance en Dieu se fait notre colonne ou ‘atalaya’. Je veux regarder les mercenaires qui nous font du mal en blessant la population syrienne pour leur dire : Mon frère, je te pardonne, continuons le chemin en frères, la venue du Seigneur est Proche.  Ma petite vocation est de chanter la gloire de Dieu au milieu des  détresses, parce que la Croix est la porte de la gloire.