Notre patron: Saint Jacques le Mutilé


Source: http://modeoflife.org/holy-great-martyr-saint-james-the-persian/


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Saint Jacques le Mutilé est le patron de notre monastère – et cela depuis le VIème siècle. Il a été martyrisé, coupé en morceaux pour sa foi. Quand Mère Agnès Mariam de la Croix est venue pour la première fois au monastère en 1994, qui était en ruine depuis 60 ans, elle ignorait le supplice du patron du monastère. Un prêtre lui expliqua son histoire. Elle fut fortement touchée, car elle comprenait que ce saint est un intercesseur pour l’unité des chrétiens, ce qui coïncidait parfaitement avec sa mission : l’unité d’Antioche[1]. Cette ‘coïncidence’ l’a confirma dans son désir de rebâtir cet ancien monastère. Mais au fait, qui est ce Saint Jacques, différent des apôtres mais du même nom?

 

L’apostat de Jacques

 

Saint Jacques le Persan, souvent connu en Occident sous le nom de Saint Jacques l’Intercis (mot latin pour "coupé en morceaux") en raison de l’horrible supplice qu’il a enduré avant sa décapitation, est originaire de l'ancienne terre de Perse à la haute civilisation. Son martyre est devenu très connu au sein de sa propre époque, parce qu'il a introduit sur la scène internationale l'affliction des chrétiens persans qui ont été systématiquement éliminés jusqu'à  l'exil et finalement jusqu’à l’extinction. Ainsi, par sa mort publique, son martyre est devenu un catalyseur et la principale raison de la guerre entre Byzance et la Perse, de manière à forcer les autorités impériales perses et leurs partisans ‘Magi’ à mettre fin au génocide impitoyable des chrétiens persans, apportant ainsi la paix, la stabilité et la liberté pour eux.

 

Selon une version, le martyre de saint Jacques fut consommé 733 ans après la mort d'Alexandre le Grand, la seconde année du règne de Bahram V, roi des Perses (421 Ap JC). Saint Jacques était né dans la ville royale de Beit-Lapeta, d'une famille illustre : à la noblesse de sa race, il joignit celle de la vertu et de la piété. A l'exemple de sa famille, il embrassa le christianisme et épousa une pieuse chrétienne. Attaché à la cour du roi de Perse, il s'y éleva aux premiers honneurs, et y jouit de la plus haute considération. Yezdegerd l'eut pour favori, et le combla de faveurs. Aussi Jacques, pour répondre aux avances du roi, alla jusqu'à abjurer la foi chrétienne. Sa mère et sa femme apprirent avec douleur son apostasie, et lui envoyèrent au camp, où il se trouvait alors, la lettre suivante ... :

 

«On nous annonce que la faveur d'un roi de la terre et l'amour des richesses périssables de ce siècle, t'ont fait abandonner le Dieu éternel. Nous te posons une seule question, daigne répondre : Où est-il maintenant ce roi, pour qui tu as fait un si grand sacrifice ? Il est mort, comme le dernier des hommes, et il est tombé en poussière : qu'en peux-tu attendre maintenant? Est-ce lui qui t'offrira un refuge contre l'éternel supplice? Si tu persévères dans l'apostasie, tu tomberas comme lui entre les mains du Dieu vengeur; et nous nous retirons de toi, comme tu t'es retiré de Dieu, nous ne voulons avoir rien de commun avec un apostat. C'est fini, nous n'existons plus pour toi. »

 

Conversion de Jacques

 

Cette lettre fit une impression profonde sur le courtisan ; elle lui ouvrit les yeux, il rentra en lui-même et rentrant dans sa tente, il y trouve une Bible et il l'ouvre. Pendant sa lecture, peu à peu la lumière se fait dans son âme, la grâce divine touche son cœur ; le voilà changé en un autre homme. Son âme engourdie, comme rappelée du tombeau par une voix puissante, se réveille : le remords l'agite et le déchire.

 

Ces accents de remords et de repentir avaient été entendus des tentes voisines ; on avait vu Jacques s'arrêter en lisant la Bible, se parler à lui-même, comme un homme qu'une profonde  émotion agite. Ses ennemis, les courtisans se hâtèrent d'aller dire au roi que Jacques paraissait regretter amèrement d'avoir changé de religion. Le Roi le fit appeler sur-le-champ et lui dit :

 

            « Dis-moi, Jacques, es-tu toujours nazaréen ? »

          « Oui, je suis un serviteur de mon Seigneur Jésus-Christ.»

         « Hier, tu étais mage. »

           « Non, je ne l’étais pas. »

           « Quoi ! N’étais-ce pas pour cette raison que mon père le Shah t’a comblé de faveurs ? »

          « Où est ce Shah maintenant dont tu me rappelles ces faveurs ? »

 

Cette réponse exaspéra le roi, mais il essaya encore de le récupérer par des flatteries et des promesses, mais sans résultat. Et comme il était manifeste que Jacques abandonnait la religion des Perses, il se mit à chercher dans son esprit par quel supplice il allait le lui faire expier. Tenant conseil avec un sénateur, le châtiment exemplaire qui fut recommandé était de le couper en morceaux au niveau de toutes ses articulations, commençant par ses doigts. Il fut coupé en 29 morceaux.

 

Le martyre de Jacques

 

A cause de sa grande fidélité au Seigneur, une fois revenu de son péché, il lui fut donné d’être un puissant témoin de la foi. La louange remplissait sa bouche à chaque membre qui lui était coupé. Voici sa dernière prière avant sa décapitation (à ce moment il ne lui restait plus que le torse et la tête, ayant perdu ses jambes et ses bras): 

  

« Mon Dieu, me voilà par terre, au milieu de mes membres semés de toutes parts : je n'ai plus mes doigts, pour les joindre en suppliant ; je n'ai plus mes mains, pour les élever vers vous ; je n'ai plus mes pieds, ni mes jambes, ni mes bras : je ressemble à une maison en ruines dont il ne reste plus que les murs. O Seigneur, que ta colère s'arrête contre moi, et qu'elle se détourne de ton peuple : donne à ce peuple persécuté, dispersé par les tyrans, la paix et le repos ; rassemble-le des extrémités du monde. Alors, moi, le dernier de tes serviteurs, je te louerai, je te bénirai avec tous les martyrs et tous les confesseurs, ceux de l'Orient et de l'Occident, ceux du Nord et du Midi, toi, ton Fils et le Saint-Esprit, dans les siècles des siècles. Amen. »

 

 Quand il eut dit  "Amen", on lui coupa la tête. Ainsi le saint martyr, après le plus affreux supplice qui fut jamais, rendit doucement son âme à Dieu.

 

Le jour de sa fête dans le calendrier byzantin est le 27 novembre. Saint Jacques le persan, saint martyr, priez pour nous !

 

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[1] Le nom de notre ordre est «L’unité d’Antioche ». Nous prions pour l’unité des chrétiens à l’exemple des premiers chrétiens d’Antioche où les juifs et païens adoraient le Seigneur Jésus en commun. « Ce fut à Antioche que, pour la première fois, les disciples furent appelés chrétiens » (Act 11,26).