Notre mission



Il était une fois un beau monastère dans le désert syrien, à 90 km au nord de Damas, dans un village nommé Qara. Le monastère remonte au 6ème siècle et est dédié au grand martyr Saint Jacques le Mutilé. De son passé glorieux il ne restait que des ruines. Avant que cet endroit fût un monastère, il était un bastion romain, et avant cela un temple païen dédié au soleil. Le Seigneur a touché de compassion le cœur d'une carmélite qui voulait le restaurer. Le but était d'y établir la vie monastique orientale en l'enracinant d’une nouvelle façon dans l'Eglise locale, dédié à l'unité des chrétiens, avec un esprit d'hospitalité. L'évêque, Monseigneur Abraham Nehmé, métropolite grecque-melkite catholique de Homs, Hama et Yabroud, a donné de tout cœur sa bénédiction pour la réalisation de ce projet en 1994.


Introduction


La vie communautaire s’est rapidement installée et des vocations sont venues. Même si nous sommes peu nombreux, les moines, les moniales, et les résidents proviennent de différentes traditions ecclésiastiques: grecque-melkite, maronite, latine et orthodoxe. La communauté compte huit nationalités aujourd'hui. Les travaux de construction ont commencé le 14 Juillet 1994. Le 14 Septembre 2000, le jour de la fête de la Croix, dans l'année jubilaire, l'évêque a écrit le décret pour l'érection du monastère le constituant "sui iuris eparchalis" (c.à.d. sous l'autorité de l'évêque) dans la tradition des monastères orientaux. En même temps il a décrété la naissance d'un nouvel ordre diocésain : les moines et les moniales de l'Unité d'Antioche, dont la maison mère serait ledit monastère.

 

Notre communauté est ainsi composée de moines et de moniales. Nous célébrons la liturgie ensemble et nous partageons de temps en temps nos repas. Les frères vivent dans la tour romaine (voir photo plus bas) avec les résidents masculins, les sœurs dans la partie principale du monastère.

 

Le monastère a pour objectif de revenir aux racines du monachisme oriental et en même temps de s’adapter aux besoins les plus fondamentaux des gens d'aujourd'hui.

Aspects de notre vie et de notre spiritualité:


La communauté vit une vie "idio-rythmique". Ce terme vient des Pères du désert qui respectaient le rythme personnel de chaque moine. C’est le contraire d'une uniformité absolue dans le vêtement, dans la prière, dans le travail ... Ainsi, l’objectif est de reconnaître le plan de Dieu pour chaque individu et de l'aider à remplir sa mission. Cela suppose une diversité extérieure dans une profonde unité d’âmes. Le but est pour chacun d’accepter qu’il est ‘image de Dieu’, infiniment aimé par Lui, mais aussi par la communauté. La personne est encouragée à accepter ses faiblesses, ses propres dons avec sa contribution unique, à descendre au plus profond de sa personne pour y découvrir le Père, le Fils et le Saint Esprit et d’accepter Leur invitation.

 

Pour ce combat spirituel de chaque jour, Saint Jean de la Croix (+ 1591) s’avère un guide exceptionnel.  C’est le passage  du « vieil homme » à « l’homme nouveau ». Ainsi, au lieu de souligner l’importance du silence absolu, chacun est invité à rentrer dans un silence intérieur de prière de cœur. En outre, comment pourrait-on imposer un silence total, vu qu’on s‘engage à prendre soin d’enfants ou des personnes en difficultés ?  Ainsi, la vie monastique devient une vie de famille où on évite les apparences et où on tâche d’accomplir les impératifs de la simple réalité de tous les jours. Ceci implique que l’ordre du jour peut être très différent… chaque jour. On peut dire que ce n’est pas la communauté qui suit les règles mais que ce sont plutôt les règles qui suivent la vie réelle de la communauté.

Temps de guerre

 

Les trois éléments classiques du monachisme: la prière, la vie communautaire et le travail ont subi une grande transformation à cause de la guerre. Avant la guerre, le curé du village venait célébrer l'Eucharistie trois fois par semaine. Quand la situation devenait plus difficile et qu’il ne pouvait plus venir, Père Daniel Maes (le Directeur du Séminaire ici au monastère[1]) a célébré l'Eucharistie chaque jour selon le rite latin, accompagnée de chants et de prières byzantines et arabes. Si non nous suivons la prière des Heures de la liturgie byzantine accompagnée de nombreux temps de prière personnelle du cœur.

 

Pendant les attaques directes sur le monastère, nous avons célébré l'Eucharistie en toute simplicité, mais avec une grande ferveur dans notre refuge. Les réfugiés Musulmans qui vivent avec nous respectent nos moments de prières, et suivent souvent notre liturgie avec une grande dévotion.


Pour ce qui concerne le travail, la communauté suit la règle: ce que nous pouvons faire nous-mêmes, nous le faisons. Nous nous efforçons de vivre des fruits de la terre et du travail de nos mains. La majorité des terres sont encore trop dangereuses pour nous y aventurer mais des amis du village cultivent les champs et prennent soin de nos cultures Le traitement des fruits, des herbes et des légumes sont faits par nous, souvent aidés par les réfugiés. Nous peignons également des icônes. Evidemment, nous avons le travail quotidien d'entretien et de réparation du monastère et le soin des enfants ou des résidents. Depuis la seconde moitié de 2014, nous pouvons à nouveau travailler dans le petit jardin (40/40 m) et le jardin annexe des médicinales (80/20m)  pour y cultiver des légumes et des fruits. D'autres membres de la communauté travaillent dans le grand terrain pour également y cultiver des fruits et des légumes.

 

Notre vie communautaire a été pas mal basculée depuis les évènements qui ont commencé en 2011, surtout à cause de l’absence de Mère Agnès Mariam et de Sœur Carmel. Comme nous l’avons dit plus haut, nous nous efforçons à vivre en vie de famille, chacun vivant sa propre vocation en Jésus, sous l’obéissance du supérieur.


Toutes les difficultés, les tensions et les faiblesses des communautés humaines et religieuses sont également présentes ici à Mar Yakub. Pourtant, nous essayons de les résoudre en communauté, par la transparence. On vise à partager les  souffrances, les faiblesses et la pauvreté de l’un l’autre, s’efforçant ainsi à 
accomplir la loi du Christ (cf. Gal. 6,2). En même temps, nous partageons les joies et les larmes du peuple syrien.


Depuis le début des problèmes en Syrie nous aidons les souffrants, leur donnant des paquets de nourriture et produits hygiéniques qui nous parviennent via Mère Agnès, qui les reçoit d’organisations de partout dans le monde. Une équipe de volontaires et de familles qui sont proches du Monastère (chrétiens et musulmans) sont responsables pour la distribution de ces aides. Notre équipe travaille à Damas, à Tartous et dans la région du Qalamoun.

 

Bienvenue dans votre maison à Mar yakub !




[1] Père Daniel Maes donne des cours de théologie aux frères Jean et David en vue de leur préparation à la prêtrise.