les icônes que nous peignons


Mère Agnès Mariam est iconographe professionnelle. Elle a appris les techniques anciennes de la peinture byzantine dans le monastère du Carmel de Harissa au Liban où elle a vécu pendant 21 ans. Dans cet article nous vous présenterons comment elle a fait connaissance avec l'Église d'Antioche - l'Eglise mère des icônes byzantines. Dans la deuxième partie de l'article, vous pourrez lire un bref exposé sur l’icône byzantine. Visionnez également notre vidéo sur les icônes que nous avons récemment réalisés ici au monastère.

La découverte de Mère Agnès de l'Eglise d'Antioche


Mère Agnès Mariam: "En 1983, un moine libanais visitait notre monastère. Il portait une grande icône de la Vierge Marie (Notre-Dame d’Ilige - représenté ici sur la gauche), qui avait beaucoup souffert durant la guerre. Il nous a demandé de le restaurer. En travaillant l’icône, je remarquais qu’elle avait cinq couches sous-jacentes. Ces couches (la plus ancienne datant du 10ème siècle) étaient comme un résumé de toute l'histoire des chrétiens maronites dans le Moyen-Orient. Quand j'ai commencé à étudier les couches j’ai fait une découverte qui m'a choqué et qui a déterminé le restant de ma vie: j’avais découvert l'Eglise d'Antioche, ma propre Eglise, et je ne savais même pas qu’elle existait! C’est comme si quelqu'un parlait à un catholique au sujet de l'Eglise de Rome et qu’il répondrait: "Quoi, où est-ce? » Je ai été vraiment bouleversée, comment était-ce possible que j’avais tout quitté pour le Christ en entrant au Carmel et que je ne connaissais même pas ma propre Eglise? 

 

Je me suis rendue compte que les Chrétiens de cette région - donc le Liban, la Syrie, la Palestine, l’Irak et la Jordanie - sont appelés à une grande mission, mais la plupart l’ont oubliée. Les persécutions et l’attitude hostile envers les Chrétiens les ont plongés dans une fatigue. Aujourd’hui ils voient la vie dans le pays de leurs ancêtres plutôt comme une survie – à voir, une survie matérielle.

 

Tout commence avec l’identité culturelle pour un Chrétien. Lors de la Pentecôte l’Esprit Saint a confirmé cette identité. Les Apôtres, sur qui étaient descendues les langues de feu, ont commencé à proclamer les miracles de Dieu. Tous les présents entendaient le message du Salut dans leur propre langue! Cela démontre l’importance que le Saint-Esprit accorde à l’identité de chaque personne et de tous les peuples. 

 

Que sont les icônes byzantines?

 

Source: http://www.iconsexplained.com/iec/byz_about_byzantine_icons.htm

 

Dans la seconde moitié du 20e siècle les icônes byzantines ont connu un renouveau spectaculaire à la fois dans l'Est et l'Ouest. En Grèce, il avait déjà commencé en 1930, surtout grâce à Photius Kontoglou. La reprise a en outre été stimulée dans la fin des années 1980 par l'effondrement du communisme en Europe de l'Est. Étonnamment, cependant, beaucoup de personnes en «Occident» n’ont jamais entendu parler d'icônes byzantines ou ne savent pas ce qu'elles représentent. Ces paragraphes suivants veulent donner une répondre à cette lacune.

  

Les icônes byzantines sont des peintures sacrées (icônes, fresques et mosaïques) de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, de la Très Sainte Mère de Dieu, et des anges et des saints. «Byzantine» réfère à l'Empire byzantin où les icônes sont devenus une partie intégrante de la foi orthodoxe. Caractérisé par des couleurs vives, souvent sur fonds de couleur d’or, les personnes représentées dans les icônes semblent flotter et sont souvent plus longs que leurs homologues naturels. Tout dans l’icône est symbolique.

Par exemple, les oreilles de notre Seigneur Jésus-Christ sont grandes et sa bouche petite. Cela signifie qu’Il entend tout, mais qu'il ne parle que des mots de sainte sagesse. Les icônes et les fresques murales décorent environ chaque église orthodoxe [et catholique orientale] à la fois dans l'Est et l'Ouest. L'iconostase (comme illustré ici) est la pièce centrale complètement constitué d'icônes.

 

Signification profonde

 

Après avoir contemplé plusieurs icônes, on remarquera que les icônes ne semblent avoir qu’une largeur et une hauteur. La profondeur, la troisième dimension (physique), perceptible dans pratiquement tous les autres tableaux clairement traditionnels (non compris les œuvres modernistes ou d'art abstraits ) semble être absent. La «troisième» dimension d'une icône va au-delà ce que l'œil peut voir, elle est spirituelle. Les icônes ont une signification profondément spirituelle. Une icône est une fenêtre dans le ciel. Cette fenêtre dans le ciel permettra à la personne qui prie devant la personne représentée dans l'icône, de se connecter directement avec elle: notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, la Très Sainte Mère de Dieu, un ange ou Saint. Beaucoup d’icônes sont miraculeuses vus que beaucoup de personnes qui ont prié devant elles ont été guéris de leur affliction. Une icône est un moyen efficace pour connaître Dieu, la Sainte Vierge, les Anges et les Saints. Une icône n’est pas simplement une œuvre d'art qui illustre les Saintes Ecritures. Elle constitue un aveu de vérités religieuses. Tenant compte de ce qui précède, on peut aisément comprendre qu'un peintre d’icônes, ou iconographe comme ils sont communément appelés, doit être plus qu'un artiste. Un iconographe est un théologien autant qu'il est un artiste. Peindre une icône, suppose, de la part de l'iconographe un mode de vie de prière, de méditation et de jeûne.

  

Icône sacrée et la Sainte Image

Regardons à présent le thème de la Nativité du Christ, comme elle est représentée dans une icône byzantine (à droite) et dans une image sainte (à gauche). Il est surprenant de voir comment la représentation de cet événement dans l'Église orthodoxe [et catholique orientale] diffère de celle de l'Occident. En Occident, nous voyons la naissance du petit Enfant, la bonté et l'humanité de Dieu qui est né parmi nous. L'Eglise orthodoxe [et catholique orientale] met davantage l'accent sur le grand mystère de la venue de Dieu parmi les hommes, sur la réalisation de la promesse de l'arrivée du Messie. Il y a un personnage central: ce n’est pas l'Enfant, mais la Vierge Marie. Plus grand que les autres personnages, elle est montrée au centre, se reposant sur un oreiller rouge. Cela signifie tout d'abord que c’est elle qui nous donne Dieu, la Théotokos, le Porteur de Dieu, la Mère de Dieu. Souvent, elle n’est pas tournée vers l'Enfant, mais vers nous, parce qu'elle est la Mère de tous les hommes. Un triple rayon nous parvient du ciel, représentant la Sainte Trinité. Joseph est assis en dessous à gauche. Les apocryphes nous disent que Satan est venu  lui dire qu’il est impossible pour un enfant de naître d'une vierge. [Aussi, vous pouvez voir que le petit Enfant Jésus est représenté dans une grotte sombre. Cette obscurité représente notre humanité déchue dans laquelle Il est né. Il a choisi de descendre dans notre misère, dans nos ténèbres, de donner sa vie pour tous les fils d'Adam. C’est pourquoi Il est si souvent appelé le «seul ami des hommes» dans la liturgie byzantine].