Biographie de Mère Agnes Mariam


Mère Agnès Mariam a un père palestinien et une mère libanaise. Pendant son adolescence, recherchant  la vérité et Dieu, elle s’est rebellée contre la société et a joint le mouvement hippie. Elle a voyagé à travers le monde avec eux. Après avoir vécu la vie Flower Power, elle a reçu l'appel de Dieu pour se joindre au monastère du Carmel à Beyrouth, elle avait 19 ans à l'époque. Aujourd'hui, elle est la Supérieure (Higoumène) du monastère de St Jacques le Mutilé en Syrie, maison mère de l'Ordre qu'elle a fondée, l'ordre de l'Unité d'Antioche.


Je viens du Liban. La Bible parle du Liban comme le symbole de la gloire de Dieu. Le Liban est composé de deux chaînes de montagnes: le Liban et l'Anti-Liban. Les cèdres poussent sur les deux chaînes de montagnes. La tradition nous dit qu'ils ont été plantés là par la main de Dieu. Ces arbres magnifiques ont pour certains plus de 5000 ans. Le Liban est un lieu de refuge pour tous et surtout pour ceux qui font face à la persécution dans le Moyen-Orient. Mon père est parmi ceux qui ont cherché refuge au Liban. Lui-même et la famille de ma grand-mère ont fui de Nazareth à Beyrouth en 1948, au cours de la nekhba (le grand exil palestinien).


En tant  qu’adolescente, je préférerais d'autres cultures à la mienne pensant que la culture orientale était démodée. Ensuite, j’ai appris à apprécier mon identité et le précieux héritage des Églises orientales. J’ai vécu une enfance normale dans une famille bourgeoise à Beyrouth. Quand j’ai grandi, j’ai vécu beaucoup d’expériences négatives comme toute cette génération dont la confiance en soi a été brisée.


Quand j’avais 13-14 ans je me suis rebellée. J’ai un caractère assez excessif et ma révolte m'a amené à rompre avec la société. C’était 1967: tous les hippies venaient à Beyrouth parce que le Liban avait le meilleur cannabis. J’adorais les hippies, ils étaient libres, originals et portaient des vêtements spéciaux. Un an plus tard, je les ai rejoints et l'année suivant je les ai suivis pour errer la terre. J’ai traversé toute l'Europe, j’ai passé des longs moments à Amsterdam et au Danemark, qui étaient les capitales hippie. Au cours de mes voyages j’ai eu plusieurs expériences de conversion. Puis je fis deux fois le pèlerinage au Népal et en Inde en traversant par voie terrestre des mystérieux pays comme l'Iran, l'Afghanistan et le Pakistan.

Ma conversion

 

Tout au long de ce voyage j’avais une Bible avec moi et je peux dire que le Seigneur a répondu à ma quête spirituelle. Ainsi mon périple est devenu un pèlerinage pour Le rencontrer. Ceci s’est fait progressivement dans les Himalaya en voyant la beauté et la puissance de la nature, en Inde, en  sentant la providence de Dieu dans les trains et les villes surpeuplées - là, j’ai senti le plan de salut de Dieu pour l'humanité. Il infiltra mon cœur par son amour. Mais l'événement qui a changé ma vie pour toujours arriva à Amsterdam lors d’une soirée clandestine où l'Onction du Dieu vivant a révélé à mes yeux la beauté de Son image en moi. Combien sommes-nous aimés par notre Créateur et combien grande est sa gloire !! Si nous savions ce qu'il a préparé pour nous dans la vie éternelle, nous serions pleins de joie et de gratitude, on serait intrépide.

  

Un an plus tard une force m'a poussé vers le monastère Carmélite au Liban, où je suis entré en 1971.

Carmélites de Harissa au Liban

 

(Sur la photo vous pouvez voir Notre-Dame du Mont-Carmel - dessous de cette statue est le monastère des Carmélites). Combien je remercie le Seigneur parce qu'Il m'a appelé à cette vie où j’ai reçu une «formation» très intensive et durable.

 

En 1983, un moine libanais visitait notre monastère. Il emporta une grande icône de la Vierge Marie, qui avait beaucoup souffert durant la guerre. Il nous a demandé de le restaurer. En travaillant l’icône, je remarquais qu’elle avait cinq couches sous-jacentes. Ces couches (la plus ancienne datant du 10ème siècle) étaient comme un résumé de toute l'histoire de l'Eglise syriaque. En étudiant ces couches et son histoire je fis une découverte qui a changé ma vie: je découvris l'Eglise d'Antioche, ma propre église, dont j’étais complètement ignorante! J’étais vraiment choquée, comment était-ce possible que j’avais tout quitté pour le Christ en entrant au Carmel et que je ne connaissais même pas ma propre Eglise?

Découverte de mon Eglise – l’Eglise d’Antioche 

 

Je me suis rendue compte que les Chrétiens de cette région - donc le Liban, la Syrie, la Palestine, l’Irak et la Jordanie - sont appelés à une grande mission, mais la plupart l’ont oubliée. Les persécutions et l’attitude hostile envers les Chrétiens les ont plongés dans une fatigue. Aujourd’hui ils voient la vie dans le pays de leurs ancêtres plutôt comme une survie – à voir, une survie matérielle.

 

Tout commence avec l’identité culturelle pour un Chrétien. Lors de la Pentecôte l’Esprit Saint a confirmé cette identité. Les Apôtres, sur qui étaient descendues les langues de feu, ont commencé à proclamer les miracles de Dieu. Tous les présents entendaient le message du Salut dans leur propre langue! Cela démontre l’importance que le Saint-Esprit accorde à l’identité de chaque personne et de tous les peuples. 

 

Grâce à ce miracle des langues le Seigneur a voulu nous monter la vraie vocation de l’Eglise. Elle consiste à sortir, de proclamer la Bonne Nouvelle aux autres, et non d’attirer les autres à elle. La théologie traditionnelle nous apprend qu’il y a une mission du Fils, du Saint Esprit et aussi de l’Eglise. Chacune de ces missions est dirigée vers l’extérieur. Et les Eglises locales sont les fruits de cette mission dans laquelle est résumé tout le Plan salvifique de Dieu. L’Eglise locale, c’est nous, mais ici et maintenant, avec le Christ. « Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d'eux » (Mt 18,20) dit le Seigneur. C’est le mystère de l’Eglise locale, le mystère de l’enracinement humain ; et là on parle bien sûr du mystère de l’identité. Je remercie le Seigneur de m’avoir introduite dans les profondeurs de l’Eglise locale. Ayant absorbée toutes ces choses je voulais à tout prix apprendre à connaître mon Eglise locale, l’Eglise d’Antioche.

 

Ainsi, j’ai reçue en 1992 la bénédiction du Saint Esprit par ma Mère supérieure et de ma Communauté pour servir l’Eglise d’Antioche dans ma vocation monastique à la manière que le Seigneur allait me dévoiler. J’ai été envoyée en France pour étudier les traditions monastiques anciennes, l’hébreu et le syriaque. J’ai pu aussi, à ce moment-là, établir des contacts en Europe et avec le Vatican pour des aides financières et morales afin d’accomplir tous mes projets.

 

Fondation de la Communauté

 

Mon intention était de fonder un monastère au Nord du Liban, dans la Vallée Sainte, mais la Providence m’a guidée vers les ruines d’un monastère fortifié de sixième siècle dans le désert syrien. Je suis tombée amoureuse du lieu et j’ai demandé la bénédiction de l’Evêque pour le restaurer. Il a accepté avec grande joie. En 1994 j’ai commencé les travaux de restauration, aujourd’hui nous sommes une petite Communauté florissante  avec des membres de 8 nationalités différentes. » Pour connaître l'histoire en détail de la fondation, cliquez ici.